Le SECO réagit à la crise du covid

Le SECO soutient ses pays partenaires dans le contexte de la crise du coronavirus, qui menace des milliers d’emplois. Il libère à cet effet une enveloppe de 50 millions de francs destinée à garantir des services essentiels dans certaines communes et à financer des aides aux entreprises sous la forme de liquidités. Ce soutien permet en outre aux pays de se financer sur les marchés des capitaux et d’alléger la charge fiscale de leur population.

Dans le cadre de la crise sanitaire, le SECO concentre son action sur ses compétences clés en matière de coopération économique au développement. Il place ses ressources, son expertise, ses instruments et ses partenariats au service de mesures de politique économique ciblées et temporaires. Son objectif est de favoriser à long terme la résilience et la durabilité des économies des pays partenaires.

La coopération économique au développement du SECO apporte une contribution en vue de réduire la pauvreté et les inégalités et de maîtriser des défis globaux. (© Banque mondiale)

Le SECO met actuellement à disposition environ 50 millions de francs pour adapter des projets en cours et prendre des mesures supplémentaires. Ce montant est financé par le biais du budget attaché au crédit-cadre 2017-2020 du SECO. Priorité est donnée aux mesures relevant des domaines suivants:

  • Prioriser les dépenses publiques: du fait de la crise sanitaire liée au COVID-19, les pays partenaires du SECO doivent financer des dépenses supplémentaires dans les domaines de la santé et de l’aide sociale, par exemple. Dans le même temps, la baisse des recettes fiscales et celle du cours des matières premières entraînent un recul des recettes. Il en résulte des déficits budgétaires. Les gouvernements doivent réaffecter les ressources prévues pour d’autres domaines. Le SECO et la Banque mondiale soutiennent les gouvernements des pays partenaires à mettre en œuvre les mesures appropriées en mettant à leur disposition environ 10 millions de francs. Les gouvernements reçoivent en outre un soutien dans le but d’alléger la charge fiscale des entreprises et des citoyens, de prioriser les dépenses et de veiller à ce que la dette soit soutenable à long terme.
  • Apporter une aide budgétaire pour des services publics: le SECO a répondu favorablement à une demande d’aide budgétaire du gouvernement tunisien. En association avec la Banque mondiale, il appuie des communes tunisiennes dans la lutte contre la crise et les aide à assurer des services publics. Il s’agit en outre de soutenir l’économie locale par des investissements dans les infrastructures publiques. Le soutien du SECO s’élève à environ 8 millions de francs.
  • Soutenir les PME et sauver des emplois: le SECO libérera 10 millions de francs supplémentaires pour soutenir les capacités de crise de SIFEM et atténuer les problèmes de liquidités qui se profilent pour les PME. Créée en 2011 par le SECO, SIFEM est la société de financement du développement de la Confédération. Elle investit en respectant des standards internationaux élevés en matière écologique, sociale et de gouvernance. Elle apporte son soutien à des PME établies et à des entreprises à croissance rapide en offrant à la fois de l’expertise et des financements à long terme sous la forme de participations et de prêts.

Les pays en développement frappés de plein fouet par la crise

La Suisse n’entend pas abandonner ses pays partenaires alors que la crise les met à rude épreuve. Dans bien des endroits, le système de santé publique est rudimentaire et sous-doté. Leurs économies, peu résilientes, sont elles aussi soumises à une forte pression: la production, la consommation, les investissements et les échanges commerciaux sont en chute libre. Ce sont des milliers d’emplois qui sont perdus. Une grande partie de la population n’a pas d’économies et est tributaire des revenus de son travail quotidien. La faim est redevenue une réalité dans bon nombre d’endroits. Des troubles sociaux et politiques risquent de se produire.  

Selon les estimations de la Banque mondiale, 50 millions de personnes risquent de sombrer dans l’extrême pauvreté cette année en raison de la crise. (© Banque mondiale)

Contrairement à la situation que l’on connaît chez nous, dans les pays en développement, ni la population ni les entreprises ne peuvent réellement compter sur un soutien du gouvernement. Les finances publiques sont sous pression, la dette est élevée, les filets de sécurité sont peu développés, autant de facteurs qui limitent les mesures de soutien publiques. Les États essuient en outre des pertes fiscales considérables en raison de la baisse des recettes douanières et fiscales, du recul des recettes liées au tourisme et de la chute du cours des matières premières. S’ajoute à cela que l’incertitude qui règne sur les marchés rend frileux les investisseurs étrangers. Et pour couronner le tout, les experts s’attendent à ce qu’en 2020 les migrants transfèrent nettement moins d’argent vers leur pays d’origine, à savoir jusqu’à 20% de moins que l’année précédente.

L’aide de la Suisse, la fois bilatérale et multilatérale

La Suisse entend se montrer solidaire dans le cadre de la crise du coronavirus, mais elle a également tout intérêt à ce que les pays en développement ne soient pas terrassés par la crise. La vitesse de propagation fulgurante du virus signifie que les efforts que nous déployons chez nous pour entraver sa progression pourraient être menacés par une forte dissémination à l’étranger. En outre, si les sociétés des pays en développement sont plus résilientes, les perspectives économiques et sociales s’améliorent, ce qui permet indirectement de lutter contre les causes de la migration clandestine. La Suisse ne pouvant soulever des montagnes à elle seule, elle mise sur des partenariats forts, notamment avec les banques de développement multilatérales et le secteur privé.

Les organisations multilatérales jouent un rôle déterminant dans la maîtrise de la pandémie et de ses conséquences. Elles ont la taille, la capacité et l’agilité indispensables à une action rapide et efficace. Les organisations internationales et les banques de développement multilatérales ont d’ailleurs déjà pris des mesures de grande envergure. À ce jour, les banques ont débloqué environ 200 milliards de dollars en faveur de pays émergents et de pays à faibles revenus. Comme la Suisse est membre du comité directeur d’organisations internationales, le SECO peut influer sur les initiatives multilatérales en vue de garantir les services de base et de maîtriser les crises.

La secrétaire d’État Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch a représenté la Suisse le 17 avril, lors de l’assemblée de printemps virtuelle du Groupe de la Banque mondiale.

À l’unisson avec la nouvelle stratégie de la coopération internationale de la Suisse

La crise ne sera pas surmontée du jour au lendemain. La nouvelle stratégie de coopération internationale de la Suisse pour les années 2021 à 2024 permet de réagir avec souplesse à des défis mondiaux du moment. La Suisse peut ainsi aider les pays en développement à endiguer la pandémie, à en surmonter les conséquences et à se réintégrer dans des chaînes de valeur mondiales. Elle aide également les pays à tirer les enseignements de la crise afin qu’ils gagnent en résilience et soient mieux à même d’absorber les chocs à l’avenir. Elle a débloqué 400 millions de francs dès la fin avril pour le CICR, le FMI, l’ONU et l’OMS, entre autres.

Malgré la crise, le SECO ne perd pas de vue les défis structurels de long terme et la manière dont il peut mettre le mieux à profit ses compétences. Dans l’immédiat, il s’agit d’adapter des projets, mais les axes prioritaires de long terme comme de bonnes conditions-cadre, l’emploi et la protection climatique demeurent. Le SECO évalue constamment sa contribution à la lutte contre la crise et en tire les enseignements pour lui-même et pour la coopération internationale de la Suisse, afin qu’ils puissent à l’avenir être encore plus efficaces dans des situations comparables.

Dernière modification 11.08.2020

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